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373 Cycles à Paris

lundi 20 août 2012 • 15:27 (CEST)

Vélib'
Vélib' • (cc)-by LWY

Il était une fois... — Depuis l'arrivée de Vélib en 2007, le nombre de cyclistes à Paris a considérablement augmenté. Je lisais récemment que prendre un Vélib' est désormais en haut de la liste des choses à faire pour les touristes de passage, avec la visite de la Tour Eiffel et du Louvre.

Du coup, la Ville de Paris a dû adapter ses infrastructures à cette invasion d'adeptes de la petite reine, alors que le système piloté par Cyclocity (J.C.Decaux) atteindrait 110 000 trajets quotidiens. De fait, on a vu les couloirs de bus ouverts aux cyclistes, ainsi que des pistes protégées (parfois plus ou moins bien, totalement séparées comme quai de l'Hôtel de Ville/des Célestins, et parfois simple bande sur le côté de la chaussée, comme boulevard Henri IV). Des panneaux de signalisation spécifiques sont apparus (verts sur blanc), et la notion d'axe cyclable, une excellente idée que j'avais moi-même développée dans ma contribution de l'époque (tout ceci avait fait l'objet d'un débat public, en revanche j'ignore si j'y suis pour quelque chose tant le concept était logique) a contribué à rendre visibles les trajets stratégiques.

C'est ainsi que nous avons le programme des aménagements cyclables en 2012, qui a été présenté en février. On y voit quelques révolutions, dont le fameux tourne-à-droite qui est tant attendu – mais j'y reviendrai dans un moment.

Comportement. — Comme je suis un adepte du Vélib', qui m'est si pratique pour aller déjeuner (et me donner bonne conscience au passage), j'ai pu observer des tas de petits soucis qui ne sautent pas forcément aux yeux des concepteurs. Bon, je vous le concède, le plus évident reste le comportement des cyclistes, qui ne respectent pas grand chose. Il faut dire qu'à Paris, plus personne ne respecte grand chose en matière de circulation, et ce que je dis vaut tant pour les cyclistes que pour les voitures ou les piétons... je râle assez souvent à ce sujet ! Et pourtant, il suffirait de peu pour faire évoluer les mentalités.

Prenons les feux rouges, par exemple. Inutile de demander qui a déjà vu un cycliste griller un feu, ce serait plus rapide de poser la question inverse. Et pourtant... J'ai pu remarquer à différents endroits (boulevard de Rochechouart, boulevard Morland...) que les vélos sont beaucoup plus enclins à s'arrêter à un feu vélo qu'à un feu rouge classique. Dans le cas du carrefour Morland/Henri IV, ça vaut mieux pour eux s'ils ne veulent pas se faire réduire en bouillie très fine par l'énorme torrent de voitures en direction de la Bastille. Pour le boulevard de Rochechouart, c'est moins évident, puisque la visibilité est bonne et la circulation sud-nord ou nord-sud n'est importante que sur quelques carrefours. Et c'est ici qu'intervient le fameux tourne-à-droite qui permettrait aux cyclistes de s'affranchir du feu rouge s'ils tournent à droite. Pour mémoire, le tourne-à-droite se pratique aux États-Unis dans la circulation générale (c'est pour cette raison que leurs feux sont placés après les carrefours et non avant), mais c'est surtout une question d'habitude.

Deuxième chose : les pistes cyclables ne sont parfois pas évidentes à voir. Revenons quai de l'hôtel de Ville. Au départ, la piste est sur le trottoir sud. Au niveau de la rue de Lobau, elle passe côté nord, où elle est pourtant séparée de la chaussée et d'un revêtement de couleur différent. Ce qui n'empêche pas qu'il y a une demi-heure encore, je voyais des cyclistes tranquillement installés sur la voie de droite, risquer en prime de se faire percuter par les voitures tournant à droite...

Ce qui m'amène à mon troisième point : la signalisation est souvent incohérente. Les panneaux blancs à caractères verts ne sont pas très lisibles, certaines destinations sont en majuscules et d'autres non, les panneaux sont parfois dans des ordres étranges (gauche-droite-gauche-droite), sans compter les diagrammes complexes comme celui de l'Axe 7 au niveau du métro Jaurès. Puisque les panneaux verts n'existent pas à Paris, autant les utiliser, dans la mesure du possible, pour les vélos (donc inverser les couleurs) et surtout, arrêter avec l'italique.

Et donc que fait-on ?Je ne remets pas en cause le plan d'aménagement concocté par la Ville de Paris, qui est par ailleurs très intéressant. Mais à mon sens il y a des choses très simples à faire qui simplifieraient la vie à tout le monde et qui inciterait sans doute les cyclistes à être plus prudents, voire respectueux :

  • Traiter les cyclistes comme des usagers particuliers de la route. C'est un truc que j'ai pu observer à Vienne et qui fonctionne dans pas mal de grandes villes. Là bas, aux carrefours complexes, chaque catégorie d'usagers est traitée à part. Ainsi les feux voitures passent au vert dans un ordre de passage, puis une fois que tous sont au rouge, les bus et tramways sont autorisés à passer, puis les cyclistes, puis les piétons. Ce qui est pertinent dès lors qu'on utilise les feux vélos ;
  • Rendre les voies cyclables plus visibles avec un revêtement de couleur différent à l'instar de celle du quai de l'Hôtel de ville (même sans aller jusqu'au bleu piscine utilisé à Londres), et améliorer la signalisation en développant notamment les feux vélos qui permettent en outre de s'affranchir du tourne-à-droite ;
  • Rendre l'utilisation des pistes cyclables protégées obligatoire, lorsqu'elles existent (panneaux ronds au lieu des panneaux carrés) ;
  • Poursuivre le développement des axes cyclables en vue d'obtenir de véritables véloroutes à la danoise, ce qui n'est bien entendu possible que sur les grands axes, et limiter au possible la cohabitation dans les couloirs de bus de ces mêmes grands axes (boulevard de Sebastopol...) qui sont quand même assez dangereux, sans compter les conflits entre autobus et cyclistes (voire pire comme on l'a vu hier à Lyon, même si le scooter ne roulait pas dans le couloir, c'est une illustration de ce qui peut se passer) ;
  • Appliquer une dose de répression, tant envers les infractions cyclistes que celles envers les pistes cyclables : celle qui passe devant chez moi et qui relie le centre de Paris au Stade de France est un véritable parking public ;
  • Poursuivre les intiatives qui facilitent la vie aux cyclistes comme les cartes et le calculateur d'itinéraires.

Et peut-être qu'on aura une transition cycliste tout en douceur ! :)